La nouvelle économie parallèle
Empléo le 05/02/2009 à 18:17 | classé dans la catégorie : Blog, Internet
Je voudrais dans ce billet mettre en avant l’excellent article publié il y a quelques jours par Eric Dupin www.presse-citron.net . Presse Citron est un des blogs français les plus lus et cela me fait toujours plaisir de le citer. Bravo Eric
Source : presse-citron.net, du 2 février 2009

“Auparavant dans l’économie, les choses étaient simples : il y avait d’un côté les salariés et de l’autre les entrepreneurs (comprendre entrepreneurs au vrai sens du terme, à ne pas forcément assimiler à “patron”).
Même si le phénomène du salarié spécialisé qui arrondit ses fins de mois en proposant ses services en dehors de ses heures de travail n’est pas nouveau, l’émergence de l’économie numérique vient un peu redistribuer les cartes et mettre de l’huile dans les rouages en jouant un rôle de facilitant : quiconque possédant une certaine expertise, voire un talent, peut aujourd’hui espérer en tirer de quoi améliorer son ordinaire, financièrement, ou en accédant à des avantages liés à son activité.
Une tendance renforcée par deux deux éléments-clés : le développement des services à la personne d’une part, qui de plus bénéficie de la bienveillance des gouvernements face à ce créneau prometteur et créateur de lien social, et la mise en place du nouveau statut d’auto-entrepreneur d’autre part.
Ainsi, avec à l’économie numérique, grandit sous nos yeux une nouvelle espèce : celle du salarié-entrepreneur. Nombreux sont les employés en entreprise, qui le soir ou le week-end mettent en valeur leur savoir-faire et se transforment en entrepreneurs. Proposant des services à leur voisinage ou relations proches autour de l’informatique, comme de la formation à domicile, du dépannage ou de l’installation de matériel, ils agrandissent leur carnet d’adresses par simple bouche-à-oreille. Et ça fonctionne ! Ce marché est immense et de nombreux prestataires importants et bien installés contribuent déjà à son organisation. Mais il y a toujours de la place pour des services de proximité assurés par des individus indépendants: il n’est de concept plus solide que celui qui émerge spontanément d’un besoin simple visant à faciliter la vie quotidienne, et pour lequel un particulier, même peu fortuné, est prêt à débourser une petite somme. Demandez donc au retraité qui s’est pris la tête plusieurs jours durant avec l’installation de sa Freebox ou le mode d’emploi de son nouveau caméscope ce qu’il en pense.
Certains objecteront que le salarié-entrepreneur est une plaie pour l’économie car il tire les prix du marché vers le bas, et constitue une concurrence déloyale aux “vrais” entrepreneurs. Je suis bien placé pour le savoir car je l’ai vécu fréquemment, mais justement je ne le pense pas. Si le créneau est laissé vacant c’est qu’il n’intéresse pas les entreprises, ou que celles-ci n’ont pas su l’adresser. D’autres diront que le fait de cumuler emploi et petits boulots est symptomatique d’une société où travailler ne suffit plus pour gagner correctement sa vie, et que salarié-entrepreneur est un terme fleuri qui masque une réalité moins glamour : celle du travailleur pauvre. Je le mentionne pour tenter d’être complet et de faire d’avance pièce à ce type d’argument, mais vous aurez compris que je ne souscris pas à cette vision des choses. Nous parlons ici de personnes qui ont cette double activité de façon délibérée, ce qui reste encore probablement un phénomène marginal.
D’ailleurs, nous parlons de services lucratifs, mais l’argent n’est pas nécessairement l’unique motivation : ce n’est pas à vous que j’apprendrai que l’économie numérique ouvre un vaste champ d’investigation. Entre blogs, réseaux sociaux, e-commerce et autres, il existe de nombreuses possibilités d’élargir un peu son horizon sans que ceci passe obligatoirement par la case rémunération. Ainsi, si tel blogueur adoptera le statut d’auto-entrepreneur pour enfin légaliser et régulariser les quelques revenus publicitaires générés par son site, tel autre se satisfera parfaitement d’être reconnu comme pertinent sur une thématique. Ce qui lui vaudra, même sans que sa prose n’attire une audience gigantesque, d’être régulièrement invité à des conférences, salons et évènements. Rencontrer du monde, voyager, tester des nouveautés, et accessoirement déguster des petits fours et du champagne à l’œil sont des plaisirs qui - s’ils ne remplissent pas le portefeuille - rendent quand même la vie un peu plus agréable, non ?
Une sorte de rémunération de l’esprit. Nous revenons toujours à cette notion de plaisir et de satisfaction. Personnelle et professionnelle.“